Elephant (The White Stripes) 01 Avril 2003 / April 01, 2003

 


"Crucialement, les White Stripes savent faire la différence entre la célébrité et le succès ; même s'ils ne sont pas entièrement à l'aise avec leur célébrité, ils ont réussi à mélanger le blues, le punk et le rock garage d'une manière électrisante et unique depuis qu'ils sont strictement un phénomène de Détroit. A ce titre, "Elephant" est une réussite phénoménale. " (Heather Phares - Allmusic)

"Elephant" est le quatrième album studio du groupe The White Stripes. Il est sorti le 1er avril 2003.

 

La première fois que j’ai écouté un album des « White Stripes », c’était précisément celui-là. J’étais fasciné par la capacité du duo de Detroit à sonner comme s’ils étaient un orchestre au complet alors que la plupart du temps ils n’utilisaient que leurs deux instruments de prédilection (guitare – batterie). Leur musique recyclait des genres usés jusqu’à la corde en ce début de 21ème siècle tels que le blues, le punk ou le garage-rock et pourtant le résultat sonnait spontané et moderne comme si ces musiques-là venaient juste d’être inventées. Quel était donc leur secret ?

On en trouve un indice sur le dos de la pochette du disque où il est écrit: "Aucun ordinateur n'a été utilisé pour l'écriture, l'enregistrement, le mixage et le mastering de ce disque". Comme leur précédent album "White Blood Cells", celui-ci bénéficie de l'étonnante clarté du son fournie par le simple équipement d'enregistrement 8-pistes des Stripes. Cela peut expliquer en partie pourquoi le son global d'"Elephant" est si brut et si puissant. Et bien que le jeu de batterie de Meg soit spartiate, c’est grâce à cette économie dans le jeu que la guitare de Jack White peut s’épanouir à merveille. Car, il faut bien comprendre la part cruciale de la guitare dans le succès des White Stripes. Jack White est à l’heure où j’écris ces lignes le dernier GUITAR-HERO en date à être apparu dans la galaxie rock. Le genre ayant commencé à fortement décliner au début des années 2010,  je ne vois aucun autre guitariste à l’horizon pour lui emboiter le pas. Mais, aussi beau que ce soit d’être le guitar-hero ultime, tout cela ne serait qu’un leurre s’il n’y avait pas également les chansons qui vont avec. Car, en plus de ses capacités guitaristiques exceptionnelles, Jack White sait aussi écrire de grandes chansons.

Sur "Elephant", la musique est parfois douce, mais la plupart du temps très forte et explosive. On y trouve un tube planétaire, une superbe reprise de Burt Bacharach, des moments de punk rock intense et même une ballade rigolote à la fin. Bref, on ne risque pas de s’ennuyer.

L'album s'ouvre sur l'inoubliable ligne de basse descendante de "Seven Nation Army". (en fait joué par la guitare à travers une pédale d'octave), suivi d'un rythme de batterie stupidement simple et de l'un des meilleurs riffs de guitare depuis des années. Cette chanson sera un tel succès qu’elle deviendra un des chants de supporters les plus entonnés dans les stades de foot du monde entier…jusqu’à la nausée, il faut bien l’admettre. Cependant, on ne peut pas blâmer jack White pour ça. Le type a juste écrit une chanson rock accrocheuse et les médias en sont tombés amoureux. L’équipe d’Italie victorieuse de la coupe du monde en 2006 l’adoptera comme hymne officiel et Jack White ira même jusqu’à faire monter l’infâme Materazzi sur scène lors d’un concert à Milan. Infâme pour la majeure partie de mes concitoyens, héros selon moi, étant d’origine italienne…Mais bon, je m’égare.😁

Enfin, tout ça pour dire que quiconque n’a jamais entendu la légendaire intro de ce morceau doit être soit sourd soit mort. 

Après un tel commencement il fallait bien que les morceaux suivants soient de la même qualité pour que l’album poursuive sur sa lancée. Et le pari est réussi.

L'incendiaire "Black Math" commence par un riff répétitif standard à deux accords, suivi du chant puis s'interrompt alors que la chanson semble se calmer avant de repartir à toute vitesse avec un solo de guitare complètement tordu. Le rythme endiablé du morceau déchire les tympans et on ne peut s’empêcher de hocher la tête avec plaisir. Absolument génial !

"There's No Home for You Here" est la meilleure chanson de Queen que Queen n'a jamais écrite. S'ouvrant sur une chorale extatique avec des accords de guitare plaqués en distorsion la chanson s’adoucit durant les couplets avant qu’une note aigue de guitare en Larsen nous rappelle qu’on n’est pas là pour faire la sieste.

La reprise de Bacharach "I Just Don't Know What to Do with Myself" commence de manière assez inoffensive, jusqu'à ce que, à mi-chemin, White pousse un cri à glacer le sang qui ressemble étrangement à celui de Robert Plant, et ça assure grave. Cette version remarquable fait entrer le classique de Bacharach dans le XXIe siècle grâce à son mélange de voix retenues et de guitares fracassantes.

L'étonnante ballade "I Want to Be the Boy To Warm Your Mother's Heart" est l'une des chansons les plus sincères et les plus tendres de White et contient une magnifique partie de guitare slide.

L'énorme "Ball and Biscuit", dont l’alternance soudaine de couplets calmes avec des solos agressifs est surprenante, est le morceau central de l'album et le titre dont le style se rapproche le plus du blues. Avec un jeu de batterie simple mais fracassant (Meg White sait frapper comme John Bonham quand elle veut), la guitare de Jack White s’enflamme dans les notes aigues et montre à quel point il est un guitariste hors-pair.

"The Hardest Button to Button" est le deuxième single de l'album et c'est un chef-d'œuvre d'efficacité. Conduite par une basse martelante remplaçant la batterie et des riffs de guitare menaçants, cette chanson présente le sombre feuilleton au cœur d’une famille détraquée et contient certaines des meilleures paroles de torture de toutes les chansons de rock, prononcées par White dans des grognements quasi punk.

"The Air Near My Fingers" est un titre exceptionnel qui met en valeur les talents de compositeur et de chanteur de White à la perfection. A noter un formidable solo d’orgue effectué par White en personne.

"Girl, You Have No Faith in Medicine", est un excellent mélange de blues et de rock garage. À la croisée des Pixies et de Led Zeppelin, cette chanson dégage une énergie punk et des paroles étranges que seul Jack White pourrait imaginer.

L'album s'achève sur une note joviale avec "Well It's True That We Love One Another". Étonnamment, son charme est assez solide pour nécessiter une écoute répétée. C'est comme une chanson bonus où Jack, son ex-femme, Meg (et non pas des frères et sœurs comme ils le laissaient entendre à l'époque) et une autre fille se livrent à une joute verbale. On a l'impression d'assister à une scène de ménage gravée sur vinyle. Hilarant !

Fort de ce succès qui les hisse au statut de rock-stars internationales, les White Stripes vont incarner le temps de 2 autres albums la quintessence du rock le plus pur qui soit avant que le duo ne se sépare et que Jack White fasse cavalier seul. Mais c’est une autre histoire...

Meilleurs titres: Seven nation army / Black math / I just don't know what to do with myself / Ball and biscuit / The hardest button to button

 

 


 

 

“Crucially, The White Stripes know the difference between fame and success; while they may not be entirely comfortable with their fame, they've succeeded at mixing blues, punk, and garage rock in an electrifying and unique way ever since they were strictly a Detroit phenomenon. On these terms, « Elephant » is a phenomenal success. “ (Heather Phares – Allmusic)

“Elephant” is the fourth studio album by The White Stripes. It was released on April 1, 2003.

 

The first time I listened to a White Stripes album, it was this very one. I was fascinated by the Detroit duo's ability to sound like a full orchestra when most of the time they were just using their two favorite instruments (guitar and drums). Their music recycled worn out genres in the early 21st century such as blues, punk or garage-rock and yet the result sounded spontaneous and modern as if this kind of music had just been invented. So, what was their secret?

A clue can be found on the back cover of the record where it is written: "No computers were used in the writing, recording, mixing and mastering of this record". Like their previous album “White Blood Cells”, this album benefits from the startling clearness of sound provided by the Stripes' simple 8-track recording equipment. This can partly explain why the overall sound on “Elephant” is so raw and so powerful. And although Meg's drumming is spartan, it is thanks to her stripped-down approach that Jack White's guitar can flourish. Because, it is necessary to understand the crucial part of the guitar in the success of the White Stripes. Jack White is at the time of writing the latest GUITAR-HERO to have appeared in the rock galaxy. As the genre started to wane in the early 2010s, I don't see any other guitarist in sight to follow in his footsteps. But, as nice as it is to be the ultimate guitar-hero, it would all be an illusion if there weren't also the songs to go with it. Because, in addition to his exceptional guitar skills, Jack White can also write great songs.

On “Elephant” the music is gentle some of the time but very loud and explosive most of the time. There's an anthemic hit to be found here, a great Bacharach cover, moments of intense punk rock and even a comedy ballad at the end. You're not going to get bored.

The album, opens with the unforgettable descending bass lick of "Seven Nation Army." (actually, played by the guitar through an octave pedal) , followed by a stupidly simple drum beat and one of the best guitar riffs in years. This song will be such a success that it will become one of the most sung fan songs in soccer stadiums all over the world...to the point of nausea, I must admit. However, you can’t blame jack White for that. The guy just wrote a catchy rock song and the media fell in love with it. The Italian team that won the World Cup in 2006 adopted it as their official anthem and Jack White even went so far as to bring the “vile” Materazzi on stage during a concert in Milan. “Vile” for most of my fellow citizens, “hero” according to me, being of Italian origin... But well, I digress.😁

Anyway, all this to say that anyone who has never heard the legendary intro of this song must be either deaf or dead.

After such a stunning start it was necessary for the album to contain other great tracks to keep its momentum. And the bet is successful.

The incendiary "Black Math" begins with a standard repetitive two-chord riff, followed by vocals and then breaks off as the song seems to calm down before speeding off again with a sick guitar solo. The song's frenzied rhythm rips through your eardrums and you can't help but nod your head in delight. Absolutely great!

"There's No Home for You Here" is the best Queen song that Queen never wrote. Opening with an ecstatic choir with distorted guitar chords the song mellows out during the verses before a feedback guitar note halfway through makes you jump back to attention.

Bacharach’s “I Just Don’t Know What to Do with Myself” starts innocuously enough, until halfway through White lets out a bloodcurdling shriek that sounds uncannily like Robert Plant, kicking some serious ass. This remarkable version drags Bacharach’s classic into the 21st century with its mix of restrained vocals and crashing guitars.

The stunning ballad “I Want to Be the Boy to Warm Your Mother’s Heart” is one of White’s most heartfelt, tender songs and contains a gorgeous slide guitar part.

The huge "Ball and Biscuit", whose sudden alternation of calm verses with aggressive solos is surprising, is the central track of the album and the one whose style is closest to the blues. With a simple but smashing drumming (Meg White knows how to beat the drum like John Bonham when she wants to), Jack White's guitar is on fire in the high notes showing just what an amazing guitar player he is.

"The Hardest Button to Button" is the second single from the album and it is a masterpiece of efficiency. Driven by a pounding bass replacing drums with menacing guitar riffs, this song presents the dark soap opera of a screwed-up family and contains some of the best torture laden lyrics of any rock song, delivered in almost punk-like snarls by White.

“The Air Near My Fingers” is a corking track showcasing White’s songwriting and vocal talents to perfection. To note a fabulous organ solo delivered by White himself.

"Girl, You Have No Faith in Medicine", is a great blend of blues and garage rock. A cross of Pixies and Led Zeppelin, this song delivers punk energy and odd lyrics that only Jack White could dream up.

The album draws to a close on a jovial note with “Well It’s True That We Love One Another.” Amazingly, its charm is sturdy enough to withstand repeated listening. It's like a bonus song where Jack, his ex-wife, Meg (and not brothers and sisters as they suggested at the time) plus another girl have a verbal playfight. One has the impression to attend a domestic quarrel engraved on vinyl. Hilarious !

With such a success, which raised them to the status of international rock-stars, the White Stripes will embody the time of 2 other albums the quintessence of the purest rock than can be before the duet separates and Jack White goes his own way. But that's another story...

Stand-out tracks: Seven nation army / Black math / I just don't know what to do with myself / Ball and biscuit / The hardest button to button

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