Desire (Bob Dylan) 05 Janvier 1976 / January 05, 1976
"Un des deux meilleurs disques que Dylan a fait depuis John Wesley Harding et où les chansons d'amour ne sont pas le point central, ce qui est une des choses qui le différencie des autres œuvres post-rock de l'artiste. Dylan revient aux images fantastiques, aux personnages bizarres et aux paysages absurdes des années 60". (Dave Marsh - Rolling stone)
Le 05 Janvier 1976 sortait "Desire", le 17ème album studio de Bob Dylan.
J’ai découvert ce disque dans des circonstances douloureuses, courant 1979. Ayant une verrue plantaire qui me faisait mal, j’étais allé dans une clinique avec ma maman pour me la faire enlever. Malheureusement pour moi, ce qui devait être une opération bégnine s’est vite transformé en une longue agonie, les deux chirurgiennes m’ayant fait souffrir le martyr. En guise de réconfort, ma mère me proposa qu’on aille directement après chez mon disquaire favori où elle m’acheta ce disque de Bob Dylan intitulé « Desire ». Oui, le désir…de ne plus souffrir.
Lorsque l'album parut en janvier 1976, ceux qui avaient assisté à un concert de la Rolling Thunder Review, entamée deux mois plus tôt connaissaient déjà un bon nombre de chansons figurant sur cet album. Pour le restant des mortels jetant pour la première fois une oreille sur ce disque, ce fut un choc, tellement celui-ci sonnait différemment des précédentes œuvres du maître.
Desire est un album unique dans la carrière de Bob Dylan. Une fois n’est pas coutume, le barde nous entraine en dehors de « ses « sentiers battus. Adieu la Highway 61 et les rives du Mississippi, le folk de Woody Guthrie et le blues de Robert Johnson. Dylan a décidé de nous entrainer dans un univers géographique et poétique qui dépasse les frontières de l’Americana.
Desire, c’est son album « guide du routard », celui qui nous fait le plus voyager.
Les références géographiques pullulent au gré des chansons. Isis, comme son nom l’indique fait allusion à la mythique déesse Egyptienne. Dans Mozambique, il évoque des couples heureux dans un pays insouciant sur un rythme syncopé (Ironie du sort, à l’époque le pays sombra dans une guerre civile sanglante), Romance in Durango avec ses sonorités Mariachi fut certainement inspiré du tournage au Mexique de Pat Garrett and Billy the kid de Sam Peckinpah et One more cup of coffee, un des sommets de l’album, avec sa mélopée gypsy tire son inspiration des quelques jours qu’il passa aux Saintes Maries de la mer quelques mois plus tôt.
Musicalement parlant, tout le disque est porté par le son envoûtant du violon de la jeune Scarlett Rivera que Dylan avait été cherché dans la rue pour l’emmener en tournée avec lui pour la célèbre « Rolling Thunder Review ».
Mais le morceau phare de l’album nous ramène directement au cœur d’une Amérique hantée par les démons du racisme. Armée d’une mélodie géniale et d’un rythme entêtant, « Hurricane » raconte en plus de 8 minutes, la condamnation à la prison du boxeur noir Rubin Carter injustement accusé de meurtre au cours d’un procès bâclé. Dans ce morceau, raconté dans un style journalistique (rare chez Dylan, plus fréquent chez Ochs) le chanteur n’hésite pas à citer les noms des protagonistes impliqués dans cette sombre affaire. Et condamne sans réserve le système judiciaire de son pays lorsqu’il chante, « je ne peux pas m’empêcher d’avoir honte de vivre dans un pays où la justice n’est qu’un jeu » ou bien « le jugement était une mascarade, il n’avait aucune chance ».
Porté par ce morceau emblématique, Dylan se consacrera d’abord à militer pour la libération du boxeur. Galvanisé par la cause qu’il défend, la Rolling Thunder Review 1er mouture sera exaltante.
Martin Scorsese y consacrera un documentaire sorti sur Netflix en juin 2019. On y découvre un Dylan hautement inspiré et d’une présence scénique transcendante, accompagné par une troupe de musiciens exceptionnels.
La seconde partie de cette tournée, entamée quelques mois plus tard, sera d’un tout autre acabit. La joie et la bonne humeur céderont à la colère et l’amertume. Le son y sera beaucoup plus dur, Dylan, ayant soudainement décidé d’abandonner la cause qu’il défendait, tourmenté par les nuages sombres qui s’amoncelaient alors sur sa vie privée. Mais c’est une autre histoire.
Meilleurs titres : Hurricane, Isis, One more cup of coffee, Romance in Durango, Sara
On January 05, 1976 "Desire", Bob Dylan's 17th studio album, was released.
I discovered this record in painful circumstances, during 1979. I had a verruca that was hurting me, so I went to a clinic with my mother to have it removed. Unfortunately for me, what was supposed to be a benign operation quickly turned into a long agony as the two surgeons made me suffer a great deal. To ease my pain, my mother suggested that we go straight afterwards to my favorite record store where she bought me this Bob Dylan record called "Desire". Yes, the desire...not to suffer anymore.
When the album was released in January 1976, those who had attended a Rolling Thunder Review concert that had begun two months earlier were already familiar with many of the songs on that album. For the rest of the mortals who first heard this record, it came as a shock because it sounded so different from the master's previous works.
Desire is a unique album in Bob Dylan's career. Unusually, the Bard takes us off "his" beaten tracks. No Highway 61 or the banks of the Mississippi in sight, no sounds reminiscent of the folk of Woody Guthrie and the blues of Robert Johnson. Dylan has decided to take us into a geographical and poetic universe that goes beyond the borders of the Americana.
Desire is Bob Dylan’s adventurer’s guide, the one that makes us travel the more.
Geographical references abound in the songs. Isis, as her name suggests, alludes to the mythical Egyptian goddess. In Mozambique, he evokes happy couples in a carefree country on a syncopated rhythm (Ironically, at the time the country sank into a bloody civil war), Romance in Durango with its Mariachi sounds was certainly inspired by the shooting in Mexico of The Sam Peckinpah’s movie “Pat Garrett and Billy the kid”, and “One more cup of coffee”, one of the highlights of the album, with its gypsy melody drew its inspiration from the few days he spent in Les Saintes Maries de la mer, in the south of France a few months earlier.
Musically speaking, the whole record is carried by the haunting sound of the violin of the young Scarlett Rivera that Dylan had picked up on the street to take her on tour with him during the famous "Rolling Thunder Review".
But the album's lead track takes us right back to the heart of an America haunted by the demons of racism. Armed with a great melody and a stirring rhythm, "Hurricane" narrates in more than 8 minutes the story of a black boxer Rubin Carter, unjustly accused of murder during a botched trial, and sentenced to a long-term imprisonment. In this song, told in a journalistic style (rare with Dylan, more frequent with Ochs) the singer does not hesitate to mention the names of the protagonists involved in this dark affair. And unreservedly condemns his country's judicial system when he sings, "I can't help but feel ashamed to live in a land where justice is a game" or "the judgment was a pig-circus, he didn't have a chance".
Carried by this emblematic song, Dylan will first dedicate himself to militate for the boxer's liberation. Galvanized by the cause he defends, the Rolling Thunder Review 1st version will be exhilarating.
Martin Scorsese will dedicate a documentary to it, to be released on Netflix in June 2019. One discovers a highly inspired Dylan with a transcendent stage presence, accompanied by a troupe of exceptional musicians.
The second part of this tour, which begins a few months later, will be a very different beast. Joy and good humour will give way to anger and bitterness. The sound will be much harsher, Dylan having suddenly decided to abandon the cause he was defending, tormented by the dark clouds that were then gathering over his private life. But that's another story.
Stand-out tracks : Hurricane, Isis, One more cup of coffee, Romance in Durango, Sara

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