Meat is murder (The Smiths) 11 Février 1985 / February 11, 1985
"Avec leur deuxième album "Meat is murder", les Smiths commencent à se diversifier, tout en peaufinant le style guitare pop de leurs débuts. En d'autres termes, on retrouve le groupe à la croisée des chemins, ne sachant pas trop comment procéder". (Thomas Erlewine – allmusic)
Le 11 Février 1985 sortit le second album studio des Smiths, intitulé « Meat is murder »
J’ai découvert « Meat is murder » au moment de la sortie du disque. J’étais fasciné par le fait que la grandeur de ce groupe ne se résumait pas seulement à l’alchimie du tandem Morrissey/ Marr mais aussi par une section rythmique impressionnante et dont cet album en dévoilait toute l’importance.
« Meat is murder » qui est sorti seulement trois mois après « Hatful of hollow » (faux second album – mélange de titres similaires au premier album mais présentés dans leur version démo + des titres inédits) est bien mieux produit que leur premier disque éponyme et bien qu’il ne comporte aucun single potentiel il est bien plus cohérent que le précédent.
C'est avec un peu d’étonnement que je remarque que "Meat is murder" est l'un des albums les moins cités des Smiths, même si parmi les fans du groupe beaucoup considèrent celui-ci comme leur œuvre la plus radicale. Certes, il est possible que cela soit dû au fait que Morrissey aura réussi à énerver beaucoup de gens avec le nom de l'album et la chanson titre.
En tout cas, c’est certainement leur album le plus politique, le moins pop de tous. Le son du disque contient une énergie brute et est consistent du début à la fin. Le groupe s’inspire également de genres musicaux qui à la base paraissent plutôt éloignés de leur style habituel tels que le rockabilly (Rusholme ruffians), les rythmiques country-rock (Nowhere fast) ou le funk (Barbarism begins at home) mais sans jamais perdre de leur propre identité.
Dans cet album, les musiciens du groupe ont également beaucoup plus l’occasion de s’exprimer qu’auparavant et les parties de guitare inventives de Johnny Marr ainsi que les fantastiques lignes de basse d’Andy Rourke forment un tapis sonore idéal pour la voix poignante et sensuelle de Morrissey dont le chant est beaucoup plus intense et émotionnel que sur l'album précédent.
Musicalement, Marr est en pleine forme à la guitare, avec de nombreuses parties de guitare complexes et superposées, et les lignes de basse de Rourke ressortent plus souvent, avec parfois une approche plus Funky.
Dès les arpèges de guitare de « The headmaster ritual » premier titre du disque, il est clair que le groupe est monté en puissance en termes de musicalité. Le morceau évoque l'endoctrinement du système scolaire public et le traumatisme des élèves brimés par leurs professeurs d’école dans le Manchester prolo des années Thatcher. « Je veux rentrer à la maison / Je ne veux pas rester" chante le Moz désespérément. La guitare de Marr avec son jeu de très jangle-pop appuie parfaitement les digressions vocales de Morrissey et ses yodels répétitifs en fin de morceau sont frissonnants.
« Rusholme ruffians » commence avec les mêmes accords de guitare que la chanson d’Elvis Presley « His latest flame ».(Le groupe s’amusera d’ailleurs à enchaîner les deux chansons sur scène comme un clin d’œil révélant un des rares moments dans toute la discographie des Smiths où une influence musicale extérieure apparait de manière si évidente). Là encore, la basse propulsive de Rourke est la véritable colonne vertébrale du morceau avec un son sec et puissant, probablement joué au médiator. Comme sur le titre précédent, Morrissey évoque la violence infantile mais entre jeunes ados cette fois ci. Preuve que contrairement à ce que le titre de l’album pourrait faire penser, le groupe aborde des sujets autres que la mal bouffe ou le sort réservé aux animaux.
« What she said », est un des titres les plus courts de l’album et un des plus violents et hypnotiques, proche de la furie du punk ou du hard-rock.
Après quatre morceaux très rock et rapides, "That joke isn't funny anymore" permet à l’auditeur de souffler un peu. Cette belle ballade contient l'un des plus beaux riffs de guitare du répertoire de Marr, sur une musique tourbillonnante, avec des paroles introspectives chantées avec émotion.
Côté face B, la version Américaine de l’album inclut pour des raisons pas très claires la chanson « How soon is now ». Ce titre figure déjà dans l’album / compilation « Hatful of hollow » et franchement, bien qu’il soit excellent, n’a pas vraiment sa place, d’un point de vue sonore sur ce disque.
« Nowhere fast " est une chanson rapide et énergique avec un refrain accrocheur et des paroles à couper le souffle. "Et quand je suis allongé dans mon lit, je pense à la vie et je pense à la mort, et aucune des deux ne me plaît particulièrement."
La fantastique "Barbarism Begins at Home" est de loin la meilleure chanson de l'album. Sept minutes de funk tendu incluant la meilleure partie instrumentale que les Smiths n’aient jamais composé. Les guitares de Marr sont étonnantes comme toujours, la basse de Rourke est contagieuse et il a même droit à son solo vers la fin. La batterie de Joyce est également très carrée, ce qui permet de bien faire évoluer le morceau. Les paroles de Morrissey parlent de la violence domestique envers les enfants sans que la rythmique funky n’affadisse le propos : « Les garçons indisciplinés qui ne veulent pas grandir devront être pris en main / Les filles indisciplinées qui ne veulent pas d’une vie pépère devront également être prises en main / Une tarte dans la gueule c’est ce que tu auras pour n’avoir rien demandé / Une tarte dans la gueule c’est ce que tu auras pour avoir osé demander »
Le dernier morceau, "Meat is murder", est un plaidoyer pro-végétarisme terriblement glauque et déprimant, adoré par certains et détesté par d’autres. C'est une chanson lente et lancinante sur la souffrance des animaux et est probablement le morceau sur lequel les détracteurs de Morrissey s’acharnent le plus lorsqu’il s’agit de démontrer à quel point il est mélodramatique, pompeux, arrogant et pleurnichard. Personnellement, j’aime bien cette chanson bien malgré ses défauts. Moz sonne ici un peu trop comme un donneur de leçons mais en tant que chanson, elle est loin d’être mauvaise et n'enlève certainement rien à l'album.
Meat is murder" est une œuvre magistrale qui mérite d'être réhabilitée. Malheureusement, les prises de position intransigeantes de leur chanteur, devenant au fil du temps de plus en plus extrémistes n'aideront pas le groupe à accéder au statut de méga stars. Mais c'est une autre histoire
Meilleurs titres: The headmaster ritual / Rusholme ruffians / That joke isn’t funny anymore / Nowhere fast / Barbarism begins at home
“With their second proper album “Meat is murder”, The Smiths begin to branch out and diversify, while refining the jangling guitar pop of their debut. In other words, it catches the group at a crossroads, unsure quite how to proceed.” (Thomas Erlewine – allmusic)
On February 11, 1985 the Smiths' second studio album "meat is muder" was released.
I first heard "Meat is murder" when the record was released. I was fascinated by the fact that the greatness of this group was not only due to the alchemy of the Morrissey/ Marr tandem but also to the impressive rhythm section, the importance of which was revealed on this album.
Meat Is Murder - which was released only three months after "Hatful of Hollow" (false second album - a mix of tracks similar to the first album but presented in their demo+ version of unreleased tracks) - is much better produced than their eponymous first record and although it has no potential single it is much more coherent than the previous one.
It's with some surprise that I notice that "Meat Is Murder" is one of the least quoted Smiths' albums, even though many of the band's fans consider it their most radical work. Certainly, it is possible that this is due to the fact that “Moz” managed to piss off a lot of people with the album name and the title track.
In any case, it is certainly their most political album, the least pop of all. The sound of the record contains raw energy and is consistent from beginning to end. The band is also inspired by musical genres that at the base seem rather remote from their usual style such as rockabilly (Rusholme ruffians), country-rock rhythms (Nowhere fast) or funk (Barbarism begins at home) but without ever losing their own identity.
In this album, the band's musicians also have much more opportunity to express themselves than before, and Johnny Marr's inventive guitar parts coupled with Andy Rourke's fantastic bass lines form an ideal sound carpet for Morrissey's poignant and sensual voice whose singing is much stronger and emotive than the previous album.
Musically, Marr is in fine form on guitar with lots of complex and layered guitar parts, and Rourke's basslines stand out more often, with often a Funky feel to them.
From the guitar arpeggios of «The headmaster ritual» first track on the record, it is clear that the band has increased in power regarding the musicality of the whole band. The song evokes the indoctrination of the public-school system and the trauma of students being bullied by their school teachers in the proletarian Manchester of the Thatcher years. "I want to go home / I don't want to stay" he sings desperately. Marr's jangle-pop guitar playing perfectly supports Morrissey's vocal digressions and his repetitive yodelling at the end of the song is shivering.
"Rusholme ruffians" starts with the same guitar chords as Elvis Presley's song "His latest flame" (the band will have fun linking the two songs on stage as a nod revealing one of the rare moments in the Smiths' entire discography where an external musical influence is so obvious). Here again, Rourke's propulsive bass is the real backbone of the song with a dry and powerful sound, probably played with a pick. As on the previous title, Morrissey evokes juvenile violence, but this time between young teenagers. Proof that, contrary to what the title of the album might suggest the band deals with subjects other than junk food or animal mistreatment.
"What she said ", is one of the shortest track of the album and one of the most violent and hypnotic, close to the fury of punk or hard-rock.
After four very rocking, fast paced numbers "That Joke Isn't Funny Anymore" is something of a chance to catch our breaths. This beautiful ballad has one of the nicest guitar riffs in Marr's repertoire, jangly swirling music and introspective lyrics sung emotively.
On the B-side, the American version of the album includes for some reason the song "How soon is now". This track already appears in the album/compilation «Hatful of hollow» and frankly, although it is a great song, it doesn't really have its place, sound-wise, on this record.
« Nowhere fast » is a fast-paced, high energy song with a catchy chorus and breathtaking lyrics. "And when I’m lying in my bed, I think about life and I think about death and neither one particularly appeals to me."
The fantastic 'Barbarism Begins at Home' is by far the best song on the album. It’s seven minutes of tense funk and has the best instrumental The Smiths ever put together. Marr’s guitars are amazing as always, Rourke’s bass is infectious, and he gets a rare few minutes to be in the spotlight as the song fades out. Joyce’s drums are tight too, pushing the song along well. Morrissey’s lyrics talk of domestic child abuse but some how it works about the funky tune. “Unruly boys who will not grow up must be taken in hand / Unruly girls who will not settle down they must be taken in hand / a crack on the head is what you get for not asking / and a crack on the head is what you get for asking.”
The final track, 'Meat Is Murder' is a terribly gloomy and depressing pro-vegetarianism plea, adored by some and loathed by others. It is a slow, meandering song about animal suffering and is likely the track that Morrissey's detractors are most concerned about when it comes to proving just how much he can be melodramatic, pompous, arrogant and whiny. Personally, I like it despite its flaws. Moz sounds preachy but as a song it isn't awful, and it does not take away from the album.
'Meat Is Murder' is a masterful album that deserves rehabilitation. Unfortunately, the uncompromising stances of their singer, becoming more and more extremist over time, will not help the band to reach the status of superstars. But that's another story…
Stand out-tracks: The headmaster ritual / Rusholme ruffians / That joke isn’t funny anymore / Nowhere fast / Barbarism begins at home

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