To bring you my love (PJ Harvey) 27 Février 1995 / February 27, 1995
"To bring you my love" est bien loin des guitares primitives de ses deux premiers albums, mais Harvey s'en sort avec style, puisque son écriture est plus serrée et plus mélodique qu'auparavant". (Thomas Erlewine - Allmusic)
"To bring you my love" tire ses thèmes directement du terrain mythologique du blues, au sens figuré seulement, dans sa lente douleur et dans sa danse avec le diable. N'étant plus aussi obsédée par le sexe, Harvey atténue son attaque de guitare et puise dans les claviers et ambiances électros sinistres pour un ensemble de chansons lentes, belles et sombres". (Rolling stone guide)
"To bring you my love" est le troisième album de PJ Harvey. Il est sorti le 27 février 1995.
J’ai découvert ce disque quelques années après sa sortie, au
moment du suivant, « Is this desire ?’ Pensant que la chanteuse Britannique
resterait cantonnée au registre grunge de ses deux premiers albums je ne m’attendais
pas à ce qu’elle revienne avec un troisième disque dans le même esprit mais
beaucoup plus varié et raffiné, que ce soit au niveau des textes ou de la musique.
Je compris alors qu’il fallait compter sur elle pour nous réserver d’autres
surprises par la suite.
Après deux albums de rock déglingué d'inspiration punk, PJ Harvey craignait certainement de se retrouver enfermée dans cette étiquette de punkette et décida alors d’enregistrer un album plus calme et plus intime, mais bien plus dérangeant et troublant que ses deux précédents disques.
Dans une certaine mesure, PJ Harvey était jusque-là cataloguée comme, selon ses propres termes, "une salope angoissée", lorsqu’au début de sa carrière elle commença à écrire des paroles sur des thèmes telle que la menstruation, les relations amoureuses malsaines, la mutilation ou le sexe.
Sa musique du début des années 90 était imprégnée de la puissance brute et de l'intensité du punk, mais aussi du verbe et de l'imagination de Patti Smith et même de Kate Bush. C’était une musique primale et excitante, sans subtilité mais avec beaucoup de consistance.
A partir de 1995 et la sortie de ‘To Bring You My Love’ les idées que beaucoup de gens se faisaient alors sur Polly Jean Harvey commencèrent à changer. Après l'énorme succès critique de ses deux premiers albums, qui s'est traduit par des bonnes ventes de disques, Harvey a fait une dépression nerveuse et s'est enfermée à l'abri des regards et du public.
Son retour, près de deux ans plus tard, a été accueilli par des critiques encore meilleures qu'auparavant et celles-ci étaient justifiées. Avec cet album, elle a prouvé qu'elle était une vraie chanteuse, une auteure-compositrice et une musicienne aux multiples facettes.
Sa voix, quelque part entre Patti Smith et Chrissie Hynde, se transforme souvent en différents modes de personnages pour donner vie à des histoires toujours imaginatives et intrigantes, et elle a toujours insisté sur le fait que ses chansons sont très rarement autobiographiques.
Stylistiquement, ‘To Bring You My Love’ se situe à mi-chemin entre le proto-punk passionné et poétique de Patti Smith et le post-punk gothique et parfois violent de Nick Cave & The Bad Seeds. Mêlant lignes de basse et guitares hypnotiques, avec des cris occasionnels de fureur et de passion, tantôt inhospitaliers, tantôt mélodiques et sensuels, cet album de l'anglaise PJ Harvey est un exercice intéressant de rock alternatif des années 90 et sans aucun doute un élément fondamental de la discographie de cette décennie.
Sur le plan musical et sonore, cet album est de loin supérieur à ses prédécesseurs et figure comme l’un des sommets de son œuvre. Coproduit par Flood et John Parish, la voix de PJ y est d'une beauté primale et ses chansons explorent différentes nuances du style blues. Les riffs de guitare sont toujours hypnotiques et intéressants, mais cet album fait également appel à une variété d'autres instruments, tels piano, orgue , marimbas, violoncelles et violons.
Les accords de guitare statiques de la chanson titre ouvrent le bal, dans une atmosphère qui ne présage rien de bon, comme les premiers mots prononcés par la protagoniste : "Je suis né dans le désert / je suis descendu depuis des années / Jésus, approche-toi / je crois que mon heure est proche". Polly Jean se présente comme une amante mystérieuse et diabolique, qui a vendu son âme au diable en échange de l'amour : "Ciel abandonné/ Dieu maudit en haut/ Couche avec le diable/ Je t'apporte mon amour". Les vers crachent des sons gutturaux et caverneux qui se terminent dans un vibrato glacial, suspendus à une phrase de guitare obstinée et à des accords d'orgue clairsemés.
S’ensuit le martèlement psychotique de "Meet ze monsta et le premier single extrait de l’album, « C’mon Billy » qui est une ballade d'amour mid-tempo à la guitare acoustique, avec une mélodie forte. Sur ce titre plus conventionnel, mais non moins captivant, elle supplie son amant de venir à la maison avec elle et de rencontrer leur enfant.
Sur le lent et mystique "Teclo", qui n’est pas sans rappeler les meilleurs moments de Patti Smith, PJ invoque une divinité morte pour l'emmener avec elle dans la tombe ("Laisse-moi chevaucher ta grâce pendant un moment"). Sa voix est comme une lame qui déchire les blessures : elle séduit et hypnotise avec un naturel déconcertant.
Sur "Long Snake Moan", Harvey revient au style sauvage de ses deux opus précédents peut-être pour prouver qu'elle n'a rien perdu sa verve.
La spirale de la folie culmine dans ‘Down by the water’, ballade meurtrière effrayante et second single de l’album. Harvey se met dans la peau de la misérable pute aux yeux bleus qui noie sa fille dans la rivière, sauf qu'elle regrette et murmure la sinistre comptine finale ("Petit poisson, gros poisson, nageant dans l'eau / Reviens ici, mec, donne-moi ma fille"). Une chanson effroyablement puissante et évocatrice, avec ses rythmes déformés et sa mélodie maligne : Le vidéoclip fait à partir de cette chanson lui ouvrira toutes grandes les portes de Mtv.
Mais il n'y a pas que l'horreur et la dépravation parmi les chansons de "To Bring You My Love".Dans "Send His Love to Me" , splendide ode folk, PJ se tourne vers ses parents pour retrouver l'amour qu'elle a perdu à jamais. Un cri qui se transforme en colère dans le dernier titre "The dancer", un dernier appel désespéré sur un tapis d’orgue Hammond et de guitares acoustiques.
Suite au succès de « To bring you my love », dont elle en vendra plus d’un million d’exemplaires, la popularité de PJ va s’accroitre énormément et elle deviendra la nouvelle égérie de nombre de futures compositrices s’inspirant d’elle. Cependant, elle reviendra trois ans plus tard avec un album au style bien différent de celui-ci. Mais c’est une autre histoire…
Meilleurs titres: To bring you my love / C’mon Billy / Teclo / Down by the water / Send his love to me
“To bring you my love” is a far cry from the primitive guitars of her first two albums, but Harvey pulls it off with style, since her songwriting is tighter and more melodic than before.” (Thomas Erlewine – Allmusic)
“To bring you my love” pulls its themes straight from the mythological terrain of the blues, only figuratively, in its slow ache and in her dancing with the devil. No longer so sex-obsessed, Harvey tones down her guitar attack and draws on keyboards and eerie electro-atmospheric for a set of songs that are slow, beautiful and dark.” (Rolling stone guide)
“To bring you my love” is PJ Harvey’s third album. It was released on February 27, 1995.
I first heard this record a few years after its release, at the time of the next one, "Is this desire?' Thinking that the British singer would remain confined to the grunge register of her first two albums, I didn't expect her to come back with a third record in the same spirit but much more varied and refined, both in terms of lyrics and music. I understood then that she was the kind of artist to be reckoned for.
After two albums of punk-inspired, ramshackle rock, PJ Harvey was certainly afraid of being locked into this ‘punkette’ label and decided to record an album that was quieter and more intimate, but far more disturbing and unsettling than his two previous records.
To some extent, PJ Harvey had previously been labelled as, in her own words, "an anguished slut," when early in her career she began to write lyrics on themes such as menstruation, unhealthy relationships, mutilation and sex.
Her music of the early 90s was imbued with the raw power and intensity of punk, but also with the verve and imagination of Patti Smith and even Kate Bush. It was a primal and exciting music, without subtlety but with a lot of consistency.
From 1995 and the release of 'To Bring You My Love' the ideas that many people had about Polly Jean Harvey began to change. After the huge critical success of his first two albums, which resulted in good record sales, Harvey had a nervous breakdown and shut himself away from the public eye.
Her return, almost two years later, was greeted by even better reviews than before and these were justified. With this album, she proved that she was a true singer, songwriter and multi-sided musician.
Her voice, somewhere between Patti Smith and Chrissie Hynde, often transforms into different character modes to bring to life stories that are always imaginative and intriguing, and she has always insisted that her songs are very rarely autobiographical.
Stylistically, 'To Bring You My Love' is halfway between passionate proto punk and poetic a la Patti Smith and the gothic and sometimes violent post-punk of Nick Cave & The Bad Seeds. Mixing bass lines and hypnotic guitars, with occasional cries of fury and passion, sometimes inhospitable, sometimes melodic and sensual, this album by English singer PJ Harvey is an interesting exercise in 90s alternative rock and undoubtedly a fundamental part of the discography of this decade.
Musically and sonically, this album is far superior to its predecessors and stands as one of the summits of his work. Co-produced by Flood and John Parish, PJ's voice is of primal beauty and her songs explore different nuances of the blues style. The guitar riffs are always hypnotic and interesting, but this album also makes use of a variety of other instruments such as piano, organ, marimbas, cellos and violins.
The static guitar chords of the title song kick the record off, in an atmosphere that does not bode well, like the first words pronounced by the protagonist: "I was born in the desert / I've been down for years / Jesus, come closer / I believe my time is near". Polly Jean presents herself as a mysterious and diabolical lover, who has sold her soul to the devil in exchange for love: "Forsaken heaven / God cursed above / lay with the devil / to bring you my love". The verses spit out guttural and cavernous sounds that end in a chilling vibrato, suspended from a stubborn guitar phrase and sparse organ chords.
This is followed by the psychotic pounding "Meet ze monsta" and the first single from the album, "C'mon Billy" which is a mid-tempo love ballad on acoustic guitar, with a strong melody. On this more conventional, but no less captivating track, she begs her lover to come home with her and meet their child.
On the slow and mystical "Teclo", reminiscent of Patti Smith's best moments, PJ invokes a dead deity to take her to the grave ("Let me ride your grace for a while"). Her voice is like a blade that tears at wounds: she seduces and hypnotizes with disconcerting naturalness.
On "Long Snake Moan", Harvey returns to the wild style of his two previous opuses, perhaps to prove that she has lost none of her verve.
The spiral of madness culminates in 'Down by the water', a frightening murderous ballad and second single from the album. Harvey puts herself in the shoes of the miserable blue-eyed whore who drowns her daughter in the river, except that she regrets and whispers the sinister final rhyme ("Little fish, big fish, swimming in the water / Come back here, man, give me my daughter"). A frighteningly powerful and evocative song, with its distorted rhythms and clever melody: With the music video made from this song the doors of MTV were wide open.
But there's more than horror and depravity in the songs of "To Bring You My Love" and in "Send His Love to Me", a splendid folk ode, PJ turns to her parents to find the love she has lost forever. A scream that turns to anger in the final track "The dancer", a desperate last call on a carpet of Hammond organ and acoustic guitars.
Following the success of "To bring you my love", of which she sold more than a million copies, PJ's popularity grew enormously, and she became the new muse of legions of future female songwriters inspired by her. However, she came back three years later with an album in a very different style. But that's another story...
Stand-out tracks: To bring you my love / C’mon Billy / Teclo / Down by the water / Send his love to me

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