Songs of love and hate (Leonard Cohen) 19 Mars 1971 / March 19, 1971
"Si Songs of love and hate n'est pas le meilleur album de Cohen, il s'en approche suffisamment pour être indispensable à quiconque s'intéresse à son œuvre." (Mark Deming- Allmusic)
"C'est un album plus ouvertement dépressif que les deux premiers et il reflète effectivement une période de grande dépression et d'incertitude dans la vie de Cohen. Mais malgré ses défauts relatifs, c'est un document indispensable dans le développement de l'un des artistes les plus durables du 20ème siècle. "(Brian Howe - Pitchfork)
“Songs of love and hate” est le troisième album de Leonard Cohen. Il est sorti le 19 mars 1971.
J’ai découvert cet album à la fin des années 70 alors que j’étais déjà un grand admirateur de Cohen. Mais, contrairement aux autres de ses disques, il m’aura fallu beaucoup plus de temps pour m’imprégner de celui-ci. Sa noirceur peut rebuter au premier abord, mais après plusieurs écoutes il révèle sa beauté cachée tel un diamant noir dans la discographie du poète Canadien.
« Songs of love and hate » le troisième album de Leonard Cohen est considéré comme l'une de ses œuvres les plus puissantes. Sorti en 1971, il est rapidement devenu un album culte. Musicalement, il n’est pas aussi varié que ses albums précédents, mais sa concentration émotionnelle est d’une puissance indéniable. De nombreuses critiques affirment même qu'il s'agit d’un des disques les plus sombres que l'on puisse entendre, ce qui est certainement le cas.
L'album démarre avec " Avalanche ", morceau empreint de paranoïa avec une guitare acoustique jouée en arpège de façon frénétique et pincée et sur lequel des nappes de violons inquiétantes viennent ponctuer la gravité du thème abordé. La voix défaite et froide de Cohen attaque calmement le sujet dans une atmosphère de résignation. C'est une vision accablante de l'humanité que le poète nous décrit, commençant par les vers suivants : « Je suis tombé dans l’avalanche / Et elle a recouvert mon âme ». Le refrain de la chanson est peut-être encore plus obsédant : "Toi qui veux vaincre la douleur / Tu dois apprendre ce qui me rend aimable / Les miettes d'amour que tu m'offres / Ce sont les miettes que j'ai laissées derrière moi / Ta douleur n'est pas une référence ici / Ce n'est que l'ombre de ma blessure", révélant le refus du chanteur d'ouvrir son cœur et qui a connu la douleur comme aucun autre auparavant. Ce morceau fascinant sera repris par Nick Cave sur son premier album, et Jean-Louis Murat en fera même une adaptation dans la langue de Molière tout à fait honorable.
La noirceur de ce morceau ne reflète pas forcément l'ensemble du disque, mais il y a des endroits où la violence des mots est tout aussi grande.
Le titre suivant, « Last Year's Man" est une chanson sur une histoire d'amour obsessionnelle que Cohen a vécu de loin. La mélodie est douce et pleine de nostalgie, presque comme une réprimande. Le texte fourmille de références à l'Ancien et au Nouveau Testament, dans un symbolisme étonnant pour décrire une histoire d’amour entre un homme et une femme.
A la sortie de cet album un journaliste avait suggéré de manière sarcastique que des lames de rasoir soient fournies aux acheteurs de ce disque étant donné la nature dépressive des chansons. Je pense qu’il devait particulièrement faire allusion à " Dress Rehearsal Rag ", le morceau le plus torturé de l'album. C'est une chanson autodestructrice, pleine de colère et de dégoût de soi. La chanson est composée d'une guitare acoustique puissamment grattée et d’une orchestration cinématographique, mais qui n’est là que pour souligner le sens de la chanson. Le narrateur semble se battre contre la dépendance et le suicide, le premier couplet étant déjà plein de haine : "Maintenant, si tu arrives à faire en sorte que / Tes doigts tremblants se comportent bien / Pourquoi n'essaies-tu pas de déballer / Une lame de rasoir en acier inoxydable ?" Pleine d'images puissantes et d'émotions sombres et brutes, c'est une chanson qui vous prend à la gorge.
Beaucoup plus douce, mais non dépourvue d'une forme de colère "Famous Blue Raincoat" raconte un échange de lettres entre un triangle amoureux ou le narrateur se retrouve dans une situation tragiquement difficile. C'est une chanson de trahison et de tragédie, avec des paroles émouvantes telles que, "Ah, la dernière fois que nous t'avons vu / tu avais l'air tellement plus vieux / ton fameux imperméable bleu était déchiré à l'épaule".
Dans « Sing Another Song, Boys" Cohen utilise
également toute sa palette poétique pour amplifier son sens, le chanteur ayant
l'air presque torturé sur ce morceau puissant, avec un sing-a-long inhabituel à
la fin.
L'album s'achève sur le titre plus calme du disque " Joan Of Arc ", Plus qu’une chanson, c’est une prière dans la lignée de " Last Year's Man " et de " Famous Blue Raincoat ", mais cette fois la colère a laissé place à l’acceptation. Celle que Cohen aime est toujours là, mais l'espoir qu'elle partage ses sentiments a disparu. La tragédie de cet album s'achève sur cette magnifique ballade dont le refrain avec ses la-la-la, tel un chœur légèrement éméché continuera de vous hanter bien longtemps après la fin du disque.
Les débuts folks de Leonard Cohen ont été les racines de sa carrière. Sa poésie sombre est apparue dans sa forme la plus pure sur ces premiers disques folks, et « Songs of love and hate » canalise véritablement certaines des émotions les plus tragiques. Conscient de la gravité des chansons de cet album, Cohen reviendra trois ans plus tard avec une œuvre beaucoup moins austère mais tout aussi fascinante. Mais c’est une autre histoire…
Meilleurs titres :Avalanche / Last year’s man / Dress rehearsal rag / Famous blue raincoat / Joan of Arc
"If Songs of Love and Hate isn't Cohen's best album, it comes close enough to be essential to anyone interested in his work." – (Mark Deming- Allmusic)
“It is a more blatantly depressive album than the first two and does indeed reflect a period of great depression and uncertainty in Cohen's life. But despite its relative flaws, it's an indispensable document in the development of one of the 20th century's most enduring artists. “(Brian Howe – Pitchfork)
"Songs of love and hate" is the third album by Leonard Cohen. It was released on March 19, 1971.
I first heard this album in the late 70's when I was already a great admirer of Cohen. But, unlike his other albums, it took me much longer to get into this one. Its darkness can be off-putting at first, but after a few listenings it reveals its hidden beauty like a black diamond in the Canadian poet’s catalogue.
"Songs of Love and Hate, Leonard Cohen's third album, is considered one of his most powerful works. Released in 1971, it quickly became a cult album. Musically, it is not as varied as his previous albums, but its emotional focus is undeniably powerful. Many critics even claim that it is one of the darkest records you will ever hear, which is certainly the case.
The album starts with "Avalanche", a paranoid track with a frantic, pinched acoustic guitar arpeggio and ominous violin layers that punctuate the seriousness of the theme. Cohen's cold, defeated voice calmly attacks the subject in an atmosphere of resignation. It is a damning view of humanity that the poet describes, beginning with the following lines: ‘I stepped into an avalanche / it covered up my soul”. Perhaps even more haunting is the song's refrain: “You who wish to conquer pain / you must learn what makes me kind / the crumbs of love that you offer me / they're the crumbs I've left behind / your pain is no credential here / It's just the shadow, shadow of my wound”, revealing the refusal of the singer to open his heart and who knew pain like no other before. This fascinating song will be covered by Nick Cave on his first album, and Jean-Louis Murat will even make a quite honourable version in the language of Moliere.
The darkness of this track does not necessarily reflect the whole record, but there are places where the violence of the words is just as important.
The next track, "Last Year's Man" is a song about an obsessive love affair that Cohen experienced from afar. The melody is soft and wistful, almost like a rebuke. The text is full of references to the Old and New Testaments, in an amazing symbolism to describe a love story between a man and a woman.
When this album was released, a journalist sarcastically suggested that razor
blades be provided to the purchasers of this record due to the depressive
nature of the songs. I think he was referring specifically to "Dress
Rehearsal Rag", the most tortured track on the album. It's a
self-destructive song, full of anger and self-loathing. The song features a
powerfully strummed acoustic guitar and cinematic orchestration, but it's only
there to underscore the song's meaning. The narrator seems to be struggling
with addiction and suicide, with the first verse already full of hate: “Now, if
you can manage to get your trembling fingers to behave /
why don't you try unwrapping a stainless-steel razor blade? “ Full of powerful
imagery and dark, raw emotions, this is a song that grabs you by the throat.
Much softer, but not without a form of anger "Famous Blue Raincoat"
tells of an exchange of letters between a love triangle where the narrator
finds himself in a tragically difficult situation. It is a song of betrayal and
tragedy, with moving lyrics such as «Ah, the last time we saw you / you looked
so much older / your famous blue raincoat was torn at the shoulder".
In
"Sing another Song, Boys", Cohen also uses his full poetic palette to
amplify its meaning, with the singer sounding almost tortured on this powerful
track, with an unusual sing-a-long at the end.
The album ends with the quieter track on the record, "Joan of Arc,"
More than a song, it is a prayer in the vein of "Last Year's Man" and
"Famous Blue Raincoat," but this time anger has given way to
acceptance. The one Cohen loves is still there, but the hope that she will
share his feelings is gone. The tragedy of this album ends with this beautiful
ballad whose la-la-la chorus, like a slightly drunken choir, will continue to
haunt you long after the record is over.
Leonard Cohen's folk beginnings were the roots of his career. His dark poetry appeared in its purest form on those early folk records, and "Songs of Love and Hate" truly channels some of the most tragic emotions. Aware of the gravity of the songs on this album, Cohen would return three years later with a much less austere but equally compelling work. But that's another story...
Stand-out tracks :Avalanche / Last year’s man / Dress rehearsal rag / Famous blue raincoat / Joan of Arc

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