This year's model (Elvis Costello) 17 Mars 1978 / March 17, 1978

 


"Parfaitement équilibré entre l'énergie brute de "My Aim Is True" et l'écriture pop plus élégante qui caractérisera une grande partie de son travail ultérieur, "This Year's Model" est non seulement le meilleur travail de Costello, mais aussi l'un des albums les plus brillants jamais sortis. Pour les amateurs de musique rock débordante d'esprit et de caractère, il n'y a vraiment pas mieux que celui-ci". (Matt Lemay - Pitchfork)

"Les chansons de « This Year's Model » sont typiquement accrocheuses et aident les sentiments vicieux du protagoniste à s’immiscer en vous, mais la chose la plus remarquable de l'album est le son -- Costello et ses Attractions n'ont jamais rocké aussi fort, et de façon aussi vengeresse." (Thomas Erlewine - Allmusic)

« This year’s model » est le second album d’Elvis Costello. Il est sorti le 17 Mars 1978

 

Lorsque ce deuxième album parait en 1978, Elvis Costello a déjà la réputation d’être un des meilleurs auteurs-compositeurs du rock après la sortie de son premier opus, « My aim is true » encensé par la presse rock. Sur ce second disque, le mélange tendu de mélodies aux tempos rapides et de textes ironiques et narratifs est soutenu par une assise musicale percutante grâce à son nouveau trio d'accompagnateurs « The Attractions ». Les chansons abordent principalement deux thèmes majeurs : La méfiance à l'égard des médias de masse et les sentiments de dévalorisation à l'égard des relations ratées. La légende du pub-rock Nick Lowe fournit juste ce qu'il faut de polissage en termes de production pour adoucir légèrement les bords acérés du son punk provenant du groupe.

Et le rendu est formidable. Le groupe transmet la passion et la frustration des chansons d'Elvis. Avec les claviers de Steve Nieve en tête, cet album ressemble parfois à une version plus hargneuse, dépouillée et punkisante du "Blonde on Blonde" de Dylan.

Le jeu de batterie de Pete Thomas est exceptionnel dans sa façon de jouer à la limite de la perte de contrôle mais il le fait avec une aisance impressionnante. Ses motifs jazzy décalés sont étonnants et complètement différents et contribuent à faire de cet album un grand succès.

Cependant, la véritable star du spectacle est le célèbre binoclard en colère, Costello lui-même. À cette époque, ses textes ne sont égalés que par ceux de Joe Strummer des Clash. Les paroles des chansons de Costello sont intelligentes et divertissantes, remplies de jeux de mots, de sarcasmes et de métaphores créatives. Elvis parvient à glisser quelques paroles qu’on peut utiliser comme citations dans chacune de ses chansons, qu'elles soient rapides ou lentes, sans que cela n'enlève rien à la musique. Sa voix est également une des plus grandes de l’histoire du rock. Elle n'est pas particulièrement belle, mais elle correspond parfaitement à ce qu'il essaie de dire.

Le son et la structure des chansons sont similaires à ceux de son premier album, mais ils bénéficient de l'amélioration du groupe qui l’accompagne. Cette base fournit un son plus cohérent qui faisait défaut à l'album précédent.

Dès les premières secondes de "No Action", on assiste à une montée en puissance frénétique. Le son de la guitare de Costello et les claviers de Steve Nieve sont bourrés d'électricité. "Je ne veux pas t’embrasser / Je ne veux pas te toucher". Ces deux couplets presque murmurés précèdent l'entrée du groupe comme la ruée d’un troupeau de bisons. Costello raconte la frustration envers une fille dont il sait qu'elle voit un autre homme. Les paroles de la chanson sont excellentes, surtout les deux dernières lignes effrontées: " Parfois je t'appelle quand je sais que tu n'es pas toute seule / Mais je raccroche toujours avant que tu prennes le téléphone. » Avec "No Action", les « Attractions » se révèlent être le groupe d'accompagnement idéal pour Elvis Costello et ils donneront ensemble la meilleure définition possible de la power-pop de la fin des années 70 : des paroles ironiques, de la modernité (dans le bon sens du terme), une écriture intelligente et, bien sûr, un jeu puissant.

Le titubant "This Year's Girl" est un parfait condensé de pop/rock – Long de trois minutes, avec un rythme envoûtant, une mélodie accrocheuse et des paroles sarcastiques pleine d’esprit. D’ailleurs, en parlant des paroles, cette chanson a valu à Costello d'être critiqué pour avoir attaqué les femmes. Costello a réfuté ces accusations en disant. "Tout dans la chanson concerne la façon dont les hommes voient les femmes et ce qu'ils désirent d'elles. Si un mensonge est raconté, c'est celui qu'une fille peut être prête à vivre ou à dire, afin de répondre à un faux idéal d'attraction. Cela peut contenir de la déception et être critique, mais cela ne constitue pas de la haine".

Pump It Up," a un rythme lourd qui démarre la chanson et continue à la conduire tout au long et possède un refrain parfait où le son d’orgue dans le style match de Hockey devient presque aussi fort qu'un instrument de percussion dans la répétition du rythme-triple-temps. Fortement inspiré du "Subterranean homesick blues" de Dylan, la chanson décrit de manière sarcastique le style de vie rock and roll avec des paroles comme, « Une fois sorti du défilé de mode, on se retrouve dans le bac à soldes ».

La tendre "Little triggers" est une ballade au piano avec de superbes paroles dans le style des chansons de Burt Bacharach et constitue une pause bienvenue après la tension électrique accumulée depuis le début de l’album.

"(I Don't Want to Go to) Chelsea" est une chanson brillante sur le plan lyrique et musical. Elle possède une superbe ligne de basse et un riff de guitare aux accents reggae. Une batterie bégayante, funky et complexe donne le coup d'envoi du morceau de façon originale, suivie d'un riff de guitare descendant qui introduit à son tour la voix d'Elvis dans laquelle le chanteur s'en prend au quartier branché nommé dans le titre. Tous les membres des Attractions montrent leurs talents en même temps et cela fonctionne à merveille.

P.S. : La version US Columbia a supprimé cette chanson plus "Night Rally" et a ajouté "Radio Radio" pour clore la deuxième face.

« Lip service » a une intro très guitare folk-rock dans le style des Byrds mais dès qu’Elvis commence à chanter on se retrouve en plein territoire Costellien dans ce titre aérien brillamment exécuté

"Living in Paradise" nous ramène à des thèmes qu'Elvis revisitera encore et encore : la possessivité et la jalousie. "Je n'aime pas que ces autres types regardent tes courbes", crache-t-il, tandis que les Attractions pétillent et tourbillonnent autour de sa voix, la basse faisant des allers-retours sur la gamme, entrecoupée de motifs de batterie intelligents et variés. "Tu cherches déjà un autre idiot comme moi", se lamente ironiquement Elvis.

Cet air misérable et blessé se poursuit sans relâche dans le frénétique "Lipstick Vogue", qui suit : "Parfois je pense que l'amour n'est qu'une tumeur, il faut l'enlever / tu dis que je n'ai pas de sentiments, c'est une bonne façon de les tuer". En tant que refrain accusateur, il n'a rien à envier à "Like a Rolling Stone". La chanson commence par une puissante explosion de batterie. La basse est noueuse, maraudant sur la piste comme un animal en cage. Alors que les roulements de la batterie tonnent, grondent, roulent et s'entrechoquent, le groupe répond par une performance d'ensemble d'une excitation palpitante. Dans la section centrale, le rythme ralentit pour devenir un battement nerveux et tendu, parsemé de claviers atmosphériques. Le rythme s'intensifie à nouveau jusqu'à ce que les éléments se déchainent, marquant le début du dernier couplet. À couper le souffle !

"Radio Radio" (sur la version américaine à la place de "night rally") est probablement le titre la plus connu ici pour une raison précise. Cette chanson pop-rock parfaite est remarquable à la fois pour son riff de guitare au rythme effréné et pour sa tirade cinglante dénonçant la nature corporative de l'industrie musicale, ce qui a valu à Costello d'être banni de l'émission comique de fin de soirée Saturday Night Live en 1977, une interdiction qui a duré jusqu'en 1989. Bien que la chanson ne soit pas encore sortie au moment de sa performance, Costello avait été spécifiquement interdit de l'interpréter dans l'émission. Dans l'un des actes les plus notoires de rébellion musicale, Costello a joué les premières mesures de "Less Than Zero", extrait de son premier album, avant de se lancer dans "Radio Radio ". « Je veux mordre la main qui me nourrit... Je veux qu'ils regrettent de ne pas m'avoir vu. ". Couillu!

Sans complaisance et acerbe, “This year’s model” est un album qui ne mâche pas ses mots. Malgré des sentiments aussi néfastes que la colère ou le dégout, Costello a trouvé sa voie en pondant un chef d’œuvre punk, qui même si musicalement ne reflète pas le genre, fait passer les autres énervés du genre pour des enfants de chœur, au niveau des paroles.

Après cet album d'inspiration punk, Costello prendra une direction plus influencée par la musique new wave. Mais c'est une autre histoire...

Meilleurs titres : No action / Pump it up / Chelsea / Lipstick vogue / Radio radio


 

 

 

 

“Perfectly balancing the raw energy of “My Aim Is True” with the more elegant pop songwriting that would come to characterize much of his later work, “This Year's Model” is not only Costello's best work, but one of the most distinctively brilliant albums ever to be released. For fans of rock music bursting with wit and character, it really just doesn't get any better than this.” (Matt Lemay – Pitchfork)

“The songs on This Year's Model are typically catchy and help the vicious sentiments sink into your skin, but the most remarkable thing about the album is the sound -- Costello and the Attractions never rocked this hard, or this vengefully, ever again.” (Thomas Erlewine – Allmusic)

"This year's model" is the second album of Elvis Costello. It was released on March 17, 1978

 

When this second album was released in 1978, Elvis Costello already had the reputation of being one of the best songwriters in rock after the release of his first opus, "My Aim is True", praised by the rock press. On this second record, the taut mix of accelerating melodies and wry, narrative-driven lyrics is supported by a punchy musical foundation from his then-new backing trio The Attractions. The songs deal mainly with two major themes: The distrust of the mass media and the put-down feelings about failed relationships. Pub-rock legend Nick Lowe provides just enough production polish to slightly smooth jagged punk edges coming from the band.

And the performance is terrific. The band broadcasts the passion and frustration in Elvis's songs. With Steve Nieve's keyboards leading the way, this album at times plays like a spiteful, stripped-down, punked-up version of Dylan's “Blonde on Blonde”.

Pete Thomas' drumming is exceptional in the way he plays on the edge of losing control but does so with outstanding gutso. His jazzy off-beat patterns are astonishing and completely different and helps to make a great album.

However, the real star of the show is the four-eyed Angry Man, Costello himself. In this era, Costello’s lyrics are rivaled only by Joe Strummer. The lyrics are clever and entertaining, filled with puns, sarcasm and creative metaphor. Elvis manages to cram a few quotable lyrics into each of his songs, fast or slow, without taking away from the music, He also has one of the greatest voices in Rock history. It is not pitch perfect or beautiful, but it perfectly matches what he is trying to say.

The sound and song structures are similar to his first album, but they benefit from the improved backing band, both drums and organ. This base provides a more consistent sound that had been lacking in the previous album.

Immediately from the opening seconds of "No Action" there is a frantic surging forward. The tone of Costello's guitar and Steve Nieve's keyboards are abuzz with electricity. “I don’t wanna kiss you / I don’t wanna touch”. These two verses almost whispered precede the entrance of the band as a buffalo stampede. Costello tells of the frustration of some girl who he knows is seeing another guy. The song has great lyrics, especially the cheeky last two lines: “Sometimes I phone you when I know you're not lonely / But I always disconnect it in time”. In “No Action”, The Attractions proved to be the perfect backing band for Elvis Costello and together made the best definition possible of late 70s power-pop: wry lyrics, modernity (in a good sense), smart song-writing, and, of course, powerful playing.

The lurching "This Year's Girl” is a sampling of perfect pop/rock - three minutes long, agile verses, killer hooks and sneering, witty lyrics. Speaking of the lyrics this song resulted in Costello being criticized for attacking women. Costello rebuked these accusations, saying. "Everything in the song is about the way men see women and what they desire from them. If there is a lie being told, then it is the one that a girl might be prepared to live or tell, in order to live up to some false ideal of attraction. That may contain disappointment and be critical, but it hardly constitutes hatred".

"Pump It Up," has a heavy beat that starts the song and continues to drive it throughout and the perfect chorus where the hockey-arena organ becomes almost as strong a percussion instrument in the beat-beat-triple-beat repetition. Heavily inspired by Dylan's "Subterranean homesick blues", the song sarcastically describes the rock and roll lifestyle with lyrics like, 'Out in the fashion show, down in the bargain bin'

The soulfully tender "Little Triggers", is a piano based ballad with superb lyrics in the style of Burt Bacharach's songs and is a welcome break after the electric tension accumulated since the beginning of the album.

"(I Don't Want to Go to) Chelsea" is lyrically and musically brilliant. The song offers a great bassline and guitar riff with hints of reggae. Stuttering, funky, hideously complex drums kick off the track in maverick fashion, followed by a descending guitar-riff that in turn introduces Elvis's vocal in which the singer lashes out at the hip district cited in the title. All the members of the Attractions showcase their talents at the same time, and it works beautifully.

P.S.: US Columbia release dropped the song and "Night Rally" and added "Radio Radio" to close side two.

"Lip service" has a very folk-rock guitar intro in the style of the Byrds but as soon as Elvis starts to sing, we find ourselves in the middle of Costellian territory in this excellently executed aerial track.

“Living in Paradise” returns us to themes that Elvis would revisit again and again: possessiveness and jealousy. "I don’t like those other guys looking at your curves" he spits, as the Attractions fizz and whirr around his vocal, the bass singing up and down the scale, interspersed with intelligent, varied drum patterns. "You're already looking for another fool like me" Elvis ironically laments.

This miserable, wounded air relentlessly carries on in the frenetic “Lipstick Vogue”, which follows: "sometimes I think that love is just a tumour, you've got to cut it out, you say I've got no feelings, this a good way to kill them". As a finger-pointing chorus it's up there with "Like a Rolling Stone". The song begins with an explosion of powerhouse drumming. The bass is gnarly, marauding about the track like a previously caged animal. As the drums thunder, rumble, rattle and roll, the band respond with an ensemble performance of thrilling excitement. In the middle section the pace slows to a skittering, tense beat, peppered with some atmospheric keyboards. This gradually builds and builds until all hell breaks loose, ushering in the final verse. Breathtaking!

"Radio Radio" (on the US version instead of night rally) is probably the most famous song here for some reason. This perfect pop-rock song is notable both for its frantic rhythm guitar riff and its scathing tirade denouncing the corporate nature of the music industry, which infamously resulted in Costello being banned from late-night comedy show Saturday Night Live in 1977, a ban which lasted until 1989. Though the song was unreleased at the time of his performance, Costello had been specifically barred from performing that song on the show. In one of the most notorious acts of musical rebellion, Costello played the first few bars of 'Less Than Zero' from his debut album before launching into 'Radio Radio. "I want to bite the hand that feeds me...I want to make them wish they’d never seen me". Ballsy!

Uncompromising and acerbic, "This year's model" is an album that does not mince its words. Despite feelings as bad as anger and disgust, Costello has found his way by producing a punk masterpiece, which even if musically doesn't reflect the genre, makes the rest of the punksters look like choirboys, lyrics-wise.

After this punk-inspired album Costello will move in a direction more influenced by new wave music. But this is another story…

Stand-out tracks: No action / Pump it up / Chelsea / Lipstick vogue / Radio radio

 

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